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La peinture est comme une musique

 

Les peintres font vibrer leurs couleurs comme on le ferait avec les cordes d'un instrument de musique. Dans une composition, ils transcrivent des rythmes et, par le tracé d'une courbe ou d'une ligne, chechent parfois l'expression d'une mélodie ressentie. L'analogie courante entre le vocabulaire des sons et des couleurs ne nous est pas étrangère. Les mots de la musique et de la peinture migrent aisément d'un langage artistique à l'Autre. De nombreux peintres, tels Turner et Monet, Delaunay ou Picabia, au cours du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, se préoccupent ainsi des théories de la perception et de leur traduction en peinture. Ces artistes ont tenté d'appronfondir leur représentation de la réalité en s'imprégnant des recherches contemporaines scientifiques, de l'étude de la vision, des phénomènes qu'elle engendre et des sensations simulténées qu'elle produit. L'exposition du mésée d'Orsay retrace cette histoire des relations entre l'art abstrait et les expériences visuelles, durant tout le 19e siècle jusqu'au premier conflit mondial.

 

Elle réunit plus de 150 oeuvres d'artistes tels que Turner, Friedrich, Monet, Redon, Van Gogh, Whistler, Kandinsky, Delaunay, Kupka et Picabia, provenant de musée internationaux.

 

Un premier ensemble d'oeuvre, intitulé "L'oeil solllaire", examine la question de la vibration lumineuse et montre comment la traduction de la lumière a poussé les peintres à s'affranchir de la représentation des formes par les couleurs. L'expérience des limites de la visibilité comme l'éblouissement, le brouillard, l'obscurité, fait disparaître les références spatiales habituelles. Les peintres romantiques, comme Turner et Friedrich, les impressionniste tel que Claude Monet et les expressionniste, Edvard Munch, Wenzel Hablik, s'y exercent. L'influence des traités sur la couleur par Goethe ou Chevreul, conduit les artistes à l'appréhender pour ses qualités optiques plutôt que pour sa valeur représentative. Ces principes esthéthiques alimenteront des courants picturaux comme l'impressionnisme, le rayonnisme russe (Larionov), l'orphisme (Kupka, Delaunay). Le second volet de l'exposition, intitulé L'oeil musical, est consécré à la traduction visuelle du son dans les origines de l'abstraction.

 

Les théories de la diffusion ondulatoire de la lumière et du son séduisent les artistes romantiques et symboliste qui rêvent d'une synthèse des arts. Par son système de composition, la musique invite les peintres à concevoir leurs toiles comme des symphonie chromatiques, des compositions rythmiques de couleurs (Kandinsky, Kupka, Delaunay).

 

Article extrait de la vie des Arts.

 

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Mise à jour le Samedi, 20 Mars 2010 20:03