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DEPLANO ARTISTE PEINTRE SCULPTEUR
DEPLANO est peintre, d’une famille de peintres dont il a retenu le souci du métier, et il joue de façon figurative avec les thèmes de la modernité dont il souligne dérisoirement les aberrations.
Depuis quelques années l’artiste navigue entre l’abstraction et la figuration, s’exprimant à travers peinture, sculpture et installations. DEPLANO reçoit son premier prix de peinture en 1968 à l’âge de 10 ans à Grasse dans les Alpes Maritimes ou il vit et travaille.
web: http://www.deplano.fr/

Sculptures Anatanomiques : Les Écorcés
Recyclant des habits mis au rebut pour mieux interroger notre époque, Deplano est à l’origine d’une production unique en son genre. Grâce à un procédé original, l’artiste transforme nos « revêtements extérieurs » en sculptures étonnantes auxquelles il réussit à transmettre le souffle d’une vie suspendue et immobile. En jouant avec les textures, les suggestions et les espaces, cet artiste contemporain fait éclater les conventions et les perspectives portées par les vêtements pour mieux interroger le risque actuel d’une déshumanisation et de la non-existence. Ainsi, une fois passées les premières interrogations quant à l’aspect technique des réalisations, l’on se rend compte que le vide et l’Humain sont les véritables matières premières que travaille Deplano qui transforme ses « écorcés » en athanors de l’existence humaine.
Deplano qualifie son art d’« anatanomique », à la croisée entre anatomie et anomie. Anatomie car pour lui l’artiste est comme le scalpel, un instrument de dissection : l’un tranche les tissus humains pour transformer les cadavres en écorchés ; l’autre se lance dans l’autopsie non-organique des apparences, des uniformisations et des conventions portées par les vêtements, ces « secondes peaux » qui deviennent sculptures. Partant du constat que le port des habits est mis en scène dans une société marquée par l’affaiblissement du lien social, l’artiste utilise ce support pour évoquer les risques d’une anomie contemporaine. Ainsi, à travers ses sculptures, Deplano pousse à son paroxysme l’idée d’une déshumanisation et de la réduction de l’homme à des entités virtuelles pour mieux dénoncer les négations répétées du sujet et de son existence sociale. En ce sens, le sculpteur fait disparaître les corps, modelant les habits comme autant de contours ou de contenants symboliques d’un « vide » ou d’un « anonymat » sociaux : autant de mises en abîmes de notre société contemporaine. L’art est ici à la fois critique et question adressées aux processus de réification, d’isolation et d’irrésolution sociétales qui affaiblissent le sens du vivre ensemble et ont souvent pour conséquence d’augmenter l’insatisfaction et la « démoralisation » de l’individu.
A travers ses œuvres, Deplano propose de scruter le creux des apparences. Ses sculptures vestimentaires sont porteuses des codes, des marques et manifestations d’une culture purement « matérielle » ; mais en même temps, elles délimitent des contours ambigus qui circonscrivent le vide pour mieux susciter le plongeon abyssal du visiteur, pris de vertige devant l’objet qui s’effrite irrémédiablement dans le non-être. Chaque pièce sculptée est une zone perméable, ouverte dans l’espace d’exposition, un contenant diaphragmatique qui canalise le flux et le reflux d’échos existentiels générés entre les mondes intérieur et extérieur. L’œuvre génère une forte interaction réflexive : elle interpelle l’observateur et l’oblige à devenir une figure « penchée », penchée sur ses propres reflets, sur l’immobilité de sa mélancolie, sur les vertiges du vide, de son exil et de sa mort… Les béances des cols, des manches, des jambes, offrent finalement les corridors philosophiquement universels des descentes au tombeau. Quels que soient les thèmes proposés par l’artiste, il n’y a pas de distraction superficielle… La mise en scène vise à amener le spectateur à s’interroger sur sa propre vie et sur sa propre finitude : il est au sein de la sculpture qui vaut épreuve anticipée de la mort. Si l’ontologie peut être angoissante et receler une certaine poétique de la mélancolie, le talent de l’artiste est aussi de susciter le rire, le sourire ainsi que l’espoir qui renaît, en contre-point, grâce à la mise en perspective proposée.
Dans son œuvre, Deplano capte ce qui est durable et essentiel sous l’enveloppe des apparences, sous les vanités de l’être que symbolisent les habits polymérisés. Devant chaque sculpture de Deplano, on est face à une nature morte qui structure l’insignifiant et bouscule ce qui se présente comme vide de sens en donnant du sens au vide. C’est ce vide conducteur de formes qui dynamise les pièces de l’artiste et qui fonde le principe d’une profonde méditation, d’un quasi-exercice spirituel auquel il nous conduit : le point d’ancrage est ici philosophique, religieux et bien sûr artistique.
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